05.JPGMathilde & Jean-Yves Arnaud depuis leur rencontre écrivent à deux hypophyses, mettent en scènes à deux sensibilités, et réalisent à quatre mains.

Après une première expérience un peu extrême d'un tournage par grand froid au milieu des machines outils dans un hangar frigorifique d'Argenteuil pour le moyen métrage « le Chat dans la boîte », ils s'embourgeoisent et s'installent dans le confort pour achever ce tournage dans un splendide appartement du quartier Ecole militaire, donnant sur la tour Eiffel, chauffé et remarquablement décoré. Ils ont alors le bonheur de travailler avec Simon Eine qui est au comédien ce que le Romanée-Conti est aux vins de Bourgogne.

En 2009, ils enchainent les tournages de plusieurs courts-métrages de trois minutes pour le concours du site Filmaka pour tenter de nouvelles expériences : travailler dans l'urgence avec des moyens très limités mais une liberté totale.

05.JPGEn 2010, ils se sentent enfin prêts à se lancer dans un nouveau tournage d'envergure (Red One, maquillage FX...) : ce sera No Face. Deux jours de tournages intenses en région parisienne et presque neuf mois de post-production pour enfin dévoiler leur conte sombre et son personnage sans visage.

Ils travaillent désormais sur deux projets : une web-série de 6 épisodes suivant les pas de plus en plus troubles d'un technicien spatial et un nouveau projet de Court-métrage, « Dark Neverland » un polar fantastique prenant naissance dans un « Pays de nulle part » où les enfants perdus jouent au boneto et Peter Pan se remet d'une mauvaise gueule de bois.

!!!!No Face, l’homme sans visage

No Face

12.JPGPersonnage presque anecdotique d’un scénario de long métrage fantastique écrit en 2006, No Face, l’homme sans visage, s'est extirpé de cette ébauche pour se construire et avec lui bâtir son propre univers. No Face est aussi bien l'héritier des Monstres attachants du cinéma des années 30 (la créature de Frankenstein, King-Kong…) que des princes charmants maudits des contes de fée.

No Face est la Bête de notre propre version de la Belle et la Bête. Une histoire transposée dans notre société, où cet homme maudit et défiguré se voit refuser l’amour, mais tente par tous les moyens d'approcher de la normalité, quitte à se conduire encore plus monstrueusement.

No Face semble condamné à rester seul, replié sur lui-même, sur sa culture et ses connaissances du passé. Il vit seul et se cultive par des livres anciens, totalement ignorant des nouvelles avancées technologiques. Sa personnalité comme son univers, cette antre semblant venir d'une époque chimérique, contrastent avec la métropole contemporaine dans laquelle il évolue lorsqu'il prend ses photos.

32.JPGComme toute personne en mal d’intégration, No Face tente de changer son image pour se faire accepter. Ainsi, ce personnage de photographe obsédé par les personnes qui l’entourent mais qu’il ne peut pas approcher, prend des portraits volés espérant capturer l’essence de ces êtres et parfois même leur intimité profonde.

Nous avons choisi de filmer No Face en privilégiant l'épure de la mise en scène, afin d'éviter d'en faire un film d'épouvante. L'apparition de No Face est très progressive. On voit d'abord les personnes qu'il prend en photo, puis on découvre sa silhouette humaine et, finalement, son « visage ». Une découverte relativement tardive dans l'économie narrative du film, n'intervenant qu'après qu'on ait eu le temps de s'attacher à lui, de dépasser les apparences.